La légende dit que Tristan de Cunha aperçu l'île lors d'un voyage aux Indes mais en fait, les arabes vivant aux actuelles Comores parlaient déjà d'une montagne de feu en plein océan (Dina Morcabim) dès le XIIe siècle. A l'époque l'île devait être en pleine activité volcanique...
C'est finalement Pedro Mascarenhasqui donna son nom à l'archipel des Mascareignes (Mascarenha en portugais) et les fit figurer sur les cartes des navigateurs. On raconte aussi que les anglais ont baptisé l'île à ce moment là du nom de England Forest à cause de la végétation qui la recouvrait et qui se voyait de loin.
L'île devient française
En 1638, les hollandais venus de Java s'installent sur l'île centrale de l'archipel et l'appellent Mauritius. A cette époque, le navigateur Salomon Goubert peu armé pour conquérir Maurice aux hollandais, aborde l'île voisine et s'assurant qu'elle est déserte, en prends possession au nom du Roi de France Louis XIII. Cela se passe en 1640, Goubert cloue les armes Royales sur un tronc d'arbre et repart en laissant l'île déserte.
Cet endroit s'appelle aujourd'hui La Possession.
Les premiers explorateurs
En 1642,
Jacques Pronis
est gouverneur de France à Madagascar, il veut transformer l'escale de la Réunion sur la route des Indes en un établissement mais il doit y renoncer par manque de colons. Il n'arrive déjà pas à s'imposer à Fort-Dauphin, le comptoir malgache ou la présence française est contestée A la suite d'une rébellion, le gouverneur exile 12 mutins sur l'îleMascarin.
Trois ans plus tard, Son successeur, Eugène de Flacourt décide de se soucier du sort des 12 déportés. A sa grande surprise, ils les trouvent tous sains et gaillards sans aucune maladie ni quelconque douleur. Leur supposé enfer était un paradis. Il fait dresser une carte et baptise derechef l'île «Bourbon» pour faire ressortir son caractère paradisiaque et en hommage à la dynastie royale française.
Carte de Flacourt, publiée en 1661
Cosmographie de Mallet 1685
Carte de l'île bourbon 1763 Provenant du cabinet de géographie de Louis XV. Peinture sur soie, d'après une carte dressée à partir de mémoires rédigés par Boucher et Feuilly.
La cuisine réunionnaise est un produit typique et original. Elle cumule plusieurs sources, aussi bien françaises qu' européennes, en passant par des sources africaines, malgaches et asiatiques. En s'inspirant de ces différentes ethnies, notre cuisine est devenue, au fil des années, un véritable délice.
Vecteur culturel de la société réunionnaise, la cuisine constitue un élément fédérateur de tous nos acquis culturels tant dans son acceptation que dans sa pratique.
La diversité de la cuisine réunionnaise est issue de métissage de différentes parties de la population. Elle est découpée en trois grandes composantes : la cuisine réunionnaise traditionnelle, ethnique et évolutive.
DÉFENDRE ET PROMOUVOIR LA CUISINE RÉUNIONNAISE
Pour promouvoir la cuisine réunionnaise si riche, une association a été constituée le 10 juillet 1998. Plus d'une trentaine de personnes (des enseignants, des fermiers-aubergistes ou encore tables d'hôtes ainsi que des particuliers) se sont rassemblés autour de Christian ANTOU et ont été séduits par l'idée de défendre et de promouvoir la cuisine pays.
L'Association pour la Défense et la Promotion de la Cuisine Réunionnaise ( GOUTANOU - A.D.P.C.R. ) va permettre notamment à bon nombre de personnes d'échanger des idées et de mener une réflexion sur la cuisine réunionnaise. Son objectif sera, dans un premier temps, dans les écoles afin de faire connaître les produits locaux et d'être présente lors de manifestations, salons et foires.
TRADITIONNELLE
Issue du métissage des cuisines des pays originaires de nos populations, la cuisine traditionnelle est celle qui fait la richesse de notre culture réunionnaise.
En effet notre population s'est formée par arrivage successifs de gens venus pour coloniser puis développer l'île : après les français et les malgaches, des esclaves venus de l'Afrique, des engagés indiens, chinois, comoriens et autres. Notre peuple prend ses racines dans divers grands pays mais grandit sur un petit cailloux assez isolé des grandes civilisations. Ces personnes d'origines diverses, habitent, vivent, travaillent ensemble sur les mêmes plantations ou dans les mêmes usines. Immanquablement, les modes et habitudes alimentaires de chacun se retrouvent confrontés dans des espaces communs et petits. Petit à petit, les produits, les recettes de cuisine, la façon de manger s'échangent, se mélangent et finissent par ne plus trop ressembler à ceux des pays d'origine pour donner un produit nouveau, typique, riche et diversifié.
La cuisine réunionnaise traditionnelle est le produit de ce métissage et se présente aujourd'hui dans la configuration d'un plat de riz, accompagné de grains, de carry ou de rougaille, de brèdes ou de légumes et de piments (rougaille, salades, ...)
Cette assiette bien remplie, colorée et épicée fait partie de notre univers quotidien pour la quasi totalité des réunionnais aussi bien d'origine française, malgache, africaine, indienne, chinoise...
ETHNIQUE
Malgré tous ces échanges, une partie de chaque cuisine ne s'est pas métissée tout de suite et est restée dans l'intimité des familles. Mais par le biais de la restauration commerciale, les mariages entre les différentes ethnies et les relations d'aujourd'hui, ces plats, qui ressemblent encore un peu à la cuisine des pays d'origine, sont connus de beaucoup de réunionnais et surtout consommés dans les familles.
Le massalé, le briany, le vindaye , les achards, samoussas, bonbons piments... issus de la cuisine indienne se mangent à toutes les tables (ou presque).
Le riz cantonnais, le shopsuey, le sauté de mines, le poisson au gingembre, nems, bouchons...issus de la cuisine chinoise sont connus et appréciés par tous les réunionnais.
EVOLUTIVE
L'apparition des hôtels avec leurs restaurants et leurs chefs pour la plupart venus de métropole, la création d'écoles hôtelières, le développement des restaurants ruraux et familiaux, l'information et la communication plus faciles, les voyages, la grande distribution, la mode...sont autant de facteurs qui ont favorisé une évolution de notre cuisine. Aussi de nombreux plats qui combinent les techniques de bases de la cuisine (française et autres) et les produits locaux ont fait leur apparition.
La quiche aux brèdes chouchoux, le gratin de papaye verte, la pintade au combava, le canard à la vanille, le bavarois aux goyaviers... font partie intégrante de notre cuisine actuelle.
Libre à chacun de préférer telle ou telle partie mais notre devoir est de promouvoir la cuisine réunionnaise dans son ensemble. Aucune composante ne doit remplacer une autre et seul un équilibre parfait permettra de mieux faire connaître et apprécier notre belle cuisine.
Cliquer sur les noms pour voir les recettes et sur lexique pour savoir ou trouver les ingrédients
Le créole réunionnais s'est constitué au cours de la période coloniale au 18e siècle, né du besoin de communication entre esclaves de différentes origines, d'une part, entre les esclaves et les colons, d'autre part.
Cette langue a été progressivement forgée par les esclaves, par déformation et simplification du français usité par leurs maîtres dans les plantations. Il contient aussi des racines africaines et malgaches et s'est par la suite enrichi de vocables anglais, hindi, et chinois.
Un véritable système linguistique émergea alors. A la langue maternelle de chacun s'ajouta un nouveau parler commun à tous. Langue métissée, langue orale, dont la grammaire et l'orthographe n'ont été fixés que tardivement, elle est aujourd'hui parlée par tous les réunionnais dans la vie quotidienne. Sa base lexicale française et son écriture phonétique facilitent sa compréhension.
petit glossaire du créole Réunionnais (lo rayoné)
...lo rayoné Langkozé, pou un jour, nout tout frer rayonné, trouve nout l'identité, pour un jour not band marmaille lé fièr vive su la terre zot lé né, ... nout pays y respir lo gout la vie ! ... (Bastèr).
zordi : aujourd'hui
tien bo : tenir bon
largue pas le cor : ne pas se laisser aller
siouplé : s'il vous plait
ousa y lé : c'est ou
y fé fré : il fait froid
Gramoune : personne agée
marmaille : enfant
Capeline : chapeau créole tissé dans la fibre de latanier.
Fanjan : troncs fibreux des fougères arborescentes , support à la culture des orchidées.
zoreil : originaire de la France
ziskakan : jusqu'a quand
ca meme meme : c'est ça
comment y lé : comment ca va
mene a moins : emmenez moi
laisse a moins : laissez moi
quo sa : quoi, qu'est ce que
band'na : les autres, eux
zordi : aujourd'hui coinéla : à présent, maintenant
souquer : ditreper, saisir
guetter : regarder, surveiller
de moune : les gens
gramoune : vieille personne
grain : haricot sec
bon pé : beaucoup
goni : sac de jute
la case : la maison
espérer : attendre
amuse pas : ne tarde pas
roder : chercher
amarrer : attacher
gatire : lien
larguer : laisser, lâcher
marmaille : les enfants
la frais : fraicheur
le fait-noir : robscileté
saisissement : peur, angoisse,
dégraîner : défaire, déméler
zot, a zot : eux, vous autres a li lui
ronfler : râler, s'énerver
gros coeur : chagrin
un ti guine : très peu, des miettes
un bout : un morceau
gros blanc : un blanc riche
gros zozo : personne riche, souvent un gros blanc
gratèl : demangeaisons
kaba : sac à main
kabaré : endroit où l'on chante et danse, bal kabaré
marron : fugitif, clandestin
nana, néna : il y en a
faner : répandre
faner désordre : salir un endroit, désordonner
nom gaté : surnom affectueux
ti père, ti mère: beau père, belle mère
totocher : frapper
percer : essorer, tordre
moucater : se moquer
la dit la fé : comérages
bébête : animal, monstre, esprit maléfique
béker de clé : homme sans travail fixe
baba : bébé, petit enfant
calou : bon, agréable, chouette
chavirer : renverser
pouaquer : se brûler
cou d'sec : verre de rhum, appéritif
nénenne : nouricee, bonne d'enfant
emparer : recevoir
rapiangue : avart
maf : mou, molle
dallon : ami, camarade
taquer : fermer
un l'extravagué : un fou
sacouyer : secouer
linge : vetement
linge la cour : vieux vêtement
bon linge : vêtement du dimanche
l'essence : parfum
bazar : marché
pourviqué : pourvu que
gabié : intelligent, rusé
moque : boite, récipient
careau : fer à repasser
langoutî : vêtement des engagés indiens, vieux vêtement déchiré, chiffon